Saya, jeune “Patas” rescapée


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Le jour où nos routes se sont croisées

 

J’ai 23 ans, je vis au Bénin depuis à peine 2 ou 3 mois. Ian est américain, il est reporter entre autre.
C’est un ami de mon fiancé qui explore le Bénin à la recherche de belles images. Il se lance dans un périple et sillone le pays du Sud au Nord.

Alors qu’il passe à moto devant un village reculé en pleine brousse africaine, un petit groupe d’enfants agités attire son attention.
Il s’arrête, descend de sa moto. Il découvre alors un petit singe roux pendu par la queue à qui les enfants s’amusent à donner des coups de bâton.
Ils ne sont sans doute pas conscients du mal qu’ils font à ce petit bout orphelin. Quoi qu’il en soit, Ian décide de mettre fin à son calvaire et propose 10.000 fcfa pour récupérer le malheureux qui devient alors son compagnon de route tout au long du trajet qui le ramènera à Cotonou,
là où il vit en colocation dans un grand appartement.

Je ne suis au courant de rien jusqu’à ce qu’il me demande de récupérer ce bébé singe qui semble perdu.
Il est conscient qu’un singe n’a rien à faire dans un appartement, aussi grand soit il, et il connaît mon amour pour les animaux, il a confiance en moi.

Mais moi, ai-je confiance en moi ?


Je n’en suis pas si sûre. Je n’ai jamais été en contact direct avec un animal sauvage, je ne sais pas comment m’en occuper.
Et si je commettais des erreurs ? Où va t-il vivre ? Que dois-je lui donner à manger ? En quelle quantité ?
Malgré l’océan de questions qui se dresse devant moi, mon instinct de protection domine : j’accepte d’en prendre soin.
Au moins mes intentions sont pures, et je crains qu’une autre personne mal intentionnée ne mette la main dessus.

Toute la soirée, j’essaye d’établir un contact avec le rescapé, qui s’avère être UNE rescapée.
Elle finit par se rapprocher de moi. Je l’attrape par la queue, elle s’accroche à mon bras.

Je la ramène à la maison, l’aventure commence. Elle s’appellera Saya.

Un jeune singe "patas"
Partez à la rencontre des singes du Bénin avec Massaïa

Les jours défilent, puis les mois.

Elle vit à la maison, est constamment accrochée à moi, elle me suit dans mes balades dans le jardin, je l’incite à grimper aux arbres.
D’abord maladroite, elle travaille son agilité et devient bientôt une as de l’acrobatie !
Elle s’aventure à quelques pas de moi, puis s’éloigne encore un peu, elle explore.
Une amitié se crée entre elle et notre chienne, et elles deviennent alors inséparables. Elle est en totale liberté.
Tous les jours, elle observe les écoliers rentrer chez eux du haut de l’immense manguier au bout de la rue.
Puis elle revient pour sa séance d’épouillage quotidienne. 

Un singe et un chien amis depuis l'enfance par Massaïa

C’est une joie indescriptible que de la voir grimper aux arbres chaque matin.
Malgré tout, rien ne me rendrait plus heureuse que de la savoir dans la nature parmi les siens. Mais c’est impossible. Comment pourrait-elle survire seule dans la nature, elle qui semble si fragile ? Les années passent, elle devient grande, et les voisins jadis amusés par ses sournoiseries, sont maintenant agacés.
L’un d’eux la menace de mort. Je n’ai pas d’autre choix que de la garder à la maison. On lui construit alors une grande cage en bois dans le jardin, avec des arbres sur lesquels elles peut continuer à grimper et des espaces assez grands pour qu’elle puisse maintenir un contact avec Plume notre chienne, sa gardienne.

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Elle a quand même l’air heureuse, elle joue souvent, s’évade parfois pour manger les hibiscus du jardin, mais revient toujours.
Je passe le plus clair de mon temps avec elle, entre séances d’épouillage, jeux et siestes communes.
Cela fait maintenant 5 ans qu’elle partage notre quotidien, et je me surprends souvent à rêver d’une vie à l’état sauvage pour elle.

A rêver que le trafic de singes n’existe pas au Bénin.
Nulle part d’ailleurs.


A rêver que sa mère qui aurait dû l’élever ait pu tenir son rôle jusqu’au bout,
et qu’elle ne se soit jamais faite maltraiter par des enfants à qui l’on n’a jamais expliqué l’importante d’une flore et d’une faune équilibrée et préservée. Mais c’est ainsi que le monde est, et malgré mes erreurs certaines, j’espère sincèrement lui offrir un environnement sain.

Une chose est sûre, elle ne manque pas d’amour.

Elle s’appelle Saya,
a un faible pour les pommes vertes,
aime fouiller dans mes cheveux à la recherche de nuisibles,
ne se lasse pas de me voler mes chaussures et mon téléphone,
et adore faire la sieste en haut du goyavier.

Elle s’appelle Saya. C’est Ma Saya.

Sweet Memories

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