Une journée à Ouidah : Que voir, que faire ?

Quoi que vous soyez venus chercher à Ouidah, vous le trouverez.
Cette célèbre ville du Bénin offre culture aux férus d’histoire, tradition à ceux à la recherche d’authenticité,
frisson aux plus aventureux et détente aux adeptes de piscine/cocktails.
Je vous emmène passer une journée à Ouidah, et vous ne serez pas déçus.


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L’esclavage, une longue histoire

Lorsque l’on arpente les rues et chemins de Ouidah, impossible de ne pas penser à l’un des trafics les plus ignobles auquel l’homme s’est
adonné : La traite négrière.
En effet, la ville est marquée par les vestiges de son histoire, et vous pourrez la revivre en parcourant “La Route des Esclaves” longue de 4 km qui traverse Ouidah et raconte à celui qui veut bien l’entendre ce commerce tristement célèbre qu’est celui des esclaves.

Le Fort Portugais 

Ouidah est parsemé des vestiges coloniaux de son occupation passée. Vous pourrez ainsi visiter à l’entrée de la ville l’ancien Fort Portugais reconverti en musée avec l’appui financier du Portugal (ironie de l’histoire). Lors de votre visite guidée, vous apprendrez beaucoup sur le passé esclavagiste de la ville de Ouidah, sur les coutumes des rois ainsi que sur la façon de vivre de cette époque. Divers objets anciens et peintures sont exposés et vous découvrirez le jardin du Gouverneur, les canons et les anciennes douves, autrefois remplies de crocodiles afin d’éviter toute tentative de fuite des esclaves, parqués justement dans la “cour aux esclaves” derrière le Fort. Le Fort Français quant à lui a brûlé et a été reconverti en parc arboré, truffé de statues représentant des personnalités importantes de la ville de Ouidah.

 

Statues du Fort Français de Ouidah
Personnalités importantes de Ouidah
Statue du Fort Français de Ouidah
Jacob Adegoun, ancien directeur de l'école régionale de Ouidah

La Route des Esclaves 

Elle représente les 6 différentes étapes que les esclaves devaient parcourir avant d’être embarqués à bord des négriers. 

 


N°1 : La Place des enchères

Egalement appelée la “Place Chacha” (surnom du négrier portugais Francisco Felix de Souza), c’est ici que l’on venait acheter ses esclaves, selon divers critères et en fonction de ce que l’on voulait en faire (horrible dites-vous ?). On achetait ces pauvres esclaves transformés en “marchandises humaines” en les échangeant contre des miroirs ou autres objets de pacotille. C’est aujourd’hui une petite place autour d’un arbre comportant un écriteau désignant l’ancien marché aux esclaves.

Place des enchères ou Place "Cha-Cha", première étape de la route des esclaves à Ouidah
Place ChaCha

N°2 : L’Arbre de l’oubli

Cet arbre avait pour vocation de détruire l’identité de ses nouvelles “acquisitions”. C’est ici que l’on marquait ses esclaves de ses initiales ou blasons au fer rouge, et qu’on les forçait à participer à un rituel visant à effacer leur identité. Les femmes étaient contraintes de faire le tour de l’arbre 7 fois, les hommes 9 fois (en fonction de leur nombre de côtes selon les dires de la tradition). L’Arbre de l’Oubli n’existe plus, mais une statue à l’effigie de la déesse des eaux “Mami Wata” indique sa présence passée.

Arbre de l'oubli sur la route des esclaves de Ouidah
Sculpture remplaçant l'Arbre de l'oubli

N°3 : La Case Zomaï

Son nom signifie “là où la lumière n’entre pas”. Et pour cause, les esclaves étaient littéralement entassés dans de minuscules cases, sans eau ni nourriture et dans le noir total afin de les déstabiliser. On les y laissait environ une semaine, le temps qu’ils soient assez affamés, déshydratés et désorientés pour qu’ils ne puissent plus réfléchir, pour qu’ils oublient qui ils étaient et pour faire une macabre sélection. On les gardait dans cette
case pour les préparer aux conditions extrêmes de leur futur voyage en bateau et on éliminait ainsi les plus faibles.

Sculpture représentant un esclave enchaîné sur la place Zomaï à Ouidah
Esclave enchaîné et bâillonné
Case Zomaï, l'une des étapes de la Route des Esclaves à Ouidah
Ancien emplacement de la Case Zomaï

N°4 : La Fosse Commune

Suite à cette sordide sélection, on jetait littéralement les plus faibles, les plus vieux, les mourants et les malades dans ce que l’on appelle la Fosse Commune. Les esclaves agonisaient alors parfois durant de longs moments, jusqu’à leur fatale délivrance. Inutile de vous préciser que l’atmosphère
y est pesante, et que votre effroi croît au fil des histoires contées par votre guide face au Mémorial Zoungbodji érigé en mémoire des esclaves ayant trouvé la mort ici.

La fosse commune, le Mémorial Zoungbodji sur la Route des Esclaves à Ouidah
Le Mémorial Zoungbodji

N°5 : L’Arbre du Retour

A entendre son nom, on se sentirait presque soulagé et l’on pourrait croire que cet arbre représente le retour des esclaves sur leur terre natale. Malheureusement, le trafic immonde qu’est l’esclavage ne laisse aucune place à l’espoir ni au soulagement. Là encore, les asservis tournaient
autour de l’Arbre. Mais cette fois, c’était pour faire leurs adieux à la terre qui les avait vus naître, en s’adonnant à des rituels entourés de chefs vaudous. Ils espéraient ainsi obtenir le retour de leur esprit en Afrique suite à leur mort certaine dans ces contrées totalement inconnues vers lesquelles on les forçait à embarquer.

L'arbre du retour, dernier adieu des esclaves à leur terre Africaine
L'arbre du retour face à la fosse commune de Ouidah

N°6 : La Porte du Non-Retour

C’est ici que s’achève la route des esclaves, ou qu’elle commence, selon les points de vue. En effet, c’est sur la plage de Djègbadji que les esclaves embarquaient à bord des pirogues les menant aux négriers. Ils étaient alors entassés dans les cales des bateaux, battus et affamés. Ceux qui ne tenaient pas le coup étaient “tout simplement” jetés par dessus bord et finissaient noyés ou dévorés par les requins. Les femmes étaient victimes de viols infâmes et tous étaient enchaînés les uns aux autres. Beaucoup ne supportaient pas le voyage et n’arrivaient jamais à destination.
C’est pour honorer la mémoire des esclaves victimes de la folie des hommes que le monument de la Porte du Non-Retour à été érigé sur la plage de Ouidah par l’UNESCO en 1995. 

La Porte du Non-Retour de Ouidah érigée par l'UNESCO

Le Mémorial Zomachi (“Zomachi” = le feu qui ne s’éteindra jamais) est également dédié à la mémoire de la traite négrière.
Il se trouve sur la Route des Esclaves qui mène à la plage.

Mémorial Zomachi en mémoire de la traite négrière à Ouidah
Le mémorial Zomachi sur la Route des Esclaves de Ouidah
Fresque représentant des esclaves enchaînés sur le mur du Mémorial Zomachi à Ouidah
Boutique de masques vaudous béninois à Ouidah

Trêve d’histoire, place à l’Art !

Pour les amateurs d’art aussi, Ouidah est une belle découverte. Outre les nombreuses statues et sculptures que l’on trouve dans la ville et tout au long de la Route des Esclaves, d’autres lieux sont également accessibles pour les intéressés. La Fondation Zinsou, proche de la Basilique, offre une approche contemporaine de l’art africain. Le long de la plage, en marge des villas coloniales désaffectées, se dressent quelques boutiques d’art africain. Masques vaudous et objets en tout genre, certaines d’entre elles valent vraiment le détour.

Un arbre sculpté sur une place de Ouidah
Un arbre sculpté sur une place de Ouidah

Un arbre sculpté sur une place à l’entrée de Ouidah

Des masques africains dans le pays du vaudou au Bénin, le pays du vaudou
Masques africains
Sculpture d'une jarre trouée à Ouidah
Sculpture d'une jarre trouée

Un Temple dédié aux pythons : oserez-vous y entrer ?

Le python est désigné comme étant un symbole vaudou très fort. C’est pourquoi les natifs de Ouidah portent des cicatrices sur leur visage qu’ils appellent “la marque du python”. A ce titre, un temple leur est dédié et il est possible de le visiter. Le guide qui vous sera attribué vous racontera l’histoire du Temple et son importance religieuse, puis vous guidera à travers les cases (quoi que vous ne risquez pas de vous y perdre, l’espace est restreint) et vous fera découvrir la “Case des Pythons”, où des dizaines de serpents vivent autour de jarres d’eau et autres statues. Moment fort de la visite, le contact avec ces rampants. En effet, vous pouvez si vous le souhaitez, accueillir l’un d’eux autour de votre cou et prendre quelques clichés souvenir. Malgré l’apparence “d’attraction touristique” que la prise de photos avec les protagonistes du Temple peut donner, l’endroit est un véritable lieu de culte et il serait dommage de ne pas s’intéresser à cet aspect.

Temple des pythons de Ouidah
Temple des pythons de Ouidah
Temple des pythons de Ouidah

La Forêt Sacrée de Kpassé

Après le déjeuner, accordez-vous une balade à l’ombre des arbres sacrés de la Forêt de Kpassé. 
Ouidah est un haut-lieu du vaudou au Bénin de par ses cérémonies, ses temples et son histoire. Impossible de ne pas ressentir cette atmosphère mystique lorsque l’on parcourt la Forêt Sacrée de Kpassé.

En effet, selon la légende, le Roi Kpassé fondateur de Ouidah, se serait réincarné en un immense arbre Iroko toujours en place qui est responsable du caractère sacré de la Forêt. D’après le mythe, on aurait voulu couper cet arbre mais les bûcherons en charge de la tâche auraient été retrouvés morts au pied de l’Iroko qui aurait repoussé pendant la nuit. On y livre des offrandes et des rituels sacrés y sont régulièrement organisés. 
On peut faire un voeu en touchant l’arbre de la main gauche (côté coeur) et en y déposant une offrande (pièce, objet personnel…).
Votre guide vous conduira à travers les chemins bordés de sculptures aux significations diverses et vous contera l’histoire de Ouidah et de sa Forêt, en prenant soin d’éviter l’espace sacré et interdit d’accès où se trouvent les jeunes initiés se formant aux pratiques vaudoues, grâce au savoir transmis par les vieux sorciers.

Porte d'entrée de la forêt sacrée de Kpassé à Ouidah au Bénin
Entrée de la Forêt sacrée
Ruines de la forêt sacrée de Kpassé à Ouidah au Bénin
Les ruines romantiques de Kpassé
Sculpture de la divinité vaudoue "Legba" à la Forêt Sacrée de Kpassé à Ouidah
"Legba" divinité principale du Vaudou
Iroko sacré et autel vaudou à la Forêt sacrée de Kpassé à Ouidah
Arbre sacré et autel vaudou

Pavillon d’Adjovi – ruines romantiques

Un capitaine béninois de l’armée coloniale fit bâtir entre 1920 et 1928 un pavillon pour sa famille en gage de gratitude envers les divinités de la forêt. Ce sont aujourd’hui des ruines envahies par la végétation qui donne un charme certain et particulier à la Forêt Sacrée.

 

A voir aussi à Ouidah : Le Mémorial du Jubilé et les villas coloniales désaffectées

Lorsque vous vous trouverez face à la Porte du Non-Retour, longez la plage sur votre droite. Vous passerez devant les vestiges (en bon état tout de même) des villas coloniales portugaises. Si vous parcourez encore quelques mètres, vous tomberez sur un mémorial, commémorant le Grand Jubilé de l’an 2000 célébré par l’église catholique.

Mémorial commémorant le Jubilé de l'An 2000 célébré par l'église catholique
Mémorial du Jubilé de l'An 2000
Villa coloniale portugaise désaffectée sur la plage de Ouidah au Bénin
Villa coloniale portugaise

– Comment s’y rendre –

Pour accéder à Ouidah depuis Cotonou, deux itinéraires possibles : Longer la Route des Pêches sur environ 40 km vous mènera tout droit à destination (environ 1h30 en fonction de l’état de la route de sable, à éviter lorsqu’il a plu), ou passer par l’échangeur de Ouidah situé sur la route d’Abomey-Calavi en venant de Cotonou (environ 45 minutes). Personnellement, même si ça rallonge le temps de trajet, je préfère emprunter la Route des Pêches, beaucoup plus agréable et moins polluée.

 

– Combien ça coûte ? –

Visite guidée du musée du Fort Portugais : 1.000 FCFA (environ 1,50€)
Visite guidée du Temple des Pythons (avec photos) : 2.500 FCFA (environ 4€)
Visite guidée de la Forêt Sacrée de Kpassé : 2.000 FCFA (environ 3€)
Péage (si vous empruntez la route de l’échangeur de Ouidah) : 200 FCFA (environ 0,30€)
Guide pour visite de la Route des Esclaves : environ 5.000 FCFA (à négocier)
Fondation Zinsou : entrée gratuite

Case dédiée à la divinité vaudoue "Mami Watta" sur la plage de Ouidah au Bénin

Réflexion personnelle

A Ouidah, on peut vivre plusieurs journées en une seule.
On peut naviguer entre histoire et modernité, profiter de la longue plage de sable blanc, s’intéresser à l’art contemporain et aux sculptures anciennes,
s’immerger dans la culture vaudoue et s’approcher au plus près des pythons si emblématiques de la ville.

A Ouidah, on peut vivre plusieurs journées en une seule, et c’est cela qui me plaît là-bas.

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Un magnifique paysage d'une plage et ses cocotiers à Ouidah

Je vous livre un secret…

La porte d’entrée de Ouidah est agrémentée de fresques et mosaïques retraçant l’histoire de la ville et les attraits touristiques qu’elle a à offrir. Prenez le temps de vous y arrêter quelques minutes !

La porte d'entrée de la ville de Ouidah au Bénin
Porte d'entré de la ville de Ouidah au Bénin
La porte d'entrée de la ville de Ouidah au Bénin

Le Saviez-vous ?

Le nom originel de la ville de Ouidah est “Houéda”.
Ouidah est une déformation des européens qui ne parvenaient pas à prononcer le nom d’origine correctement.

Vous n’avez pas eu le temps de visiter tout ce que vous aviez prévu ?
Vous pouvez passez une nuit à Ouidah dans l’un des deux hôtels que j’ai déjà testés et approuvés.

La Casa del Papa

Un complexe d’une cinquantaine de chambres de différentes gammes idéalement situé entre mer et lagune.

                                          Les + :

. Le personnel : efficace, souriant et très chaleureux

. Les piscines de l’hôtel, avec vue directe sur la mer

. Le cadre enchanteur entre lagune et océan

 

Les – :

 Je n’en ai pas trouvé ! Je n’y suis restée que quelques heures, le temps de déguster un savoureux jus d’orange pressé en contemplant la mer, mais je compte bien y retourner pour tester leurs chambres et activités !

Le Jardin Brésilien

Un hôtel situé sur la plage de Ouidah, avec piscine, restaurant et bungalows climatisés.

Les + :

                             . Les jolis bungalows colorés

                             . Le service de repas en chambre

                             . La vue sur la plage et les cocotiers

 

Les – :

                                   . La piscine à l’eau de mer

                                   . Le temps d’attente au restaurant

Ouidah se situe dans le département
de l’Atlantique.
Pour découvrir tout ce qu’il y à a faire
ou à voir dans les alentours

1 commentaire sur “Une journée à Ouidah : Que voir, que faire ?

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