Culture et Aventure : Découvrir Bohicon à moto

Découverte de la ville de Bohicon (Bénin) à moto

Ce n’est pas la première ville que l’on penserait à visiter lors
d’un voyage au Bénin, pourtant Bohicon peut vraiment valoir le détour !
Envie d’expérimenter un nouveau mode de visite, d’être plus près des gens et de renforcer encore
un peu plus la part d’authenticité de ce pays, c’est à moto que j’ai décidé de découvrir Bohicon.
Sensations garanties !


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Un heureux hasard

C’est lors d’un voyage dans le nord du Bénin, dans le département de l’Atacora, que je me suis arrêtée pour la nuit dans un endroit charmant choisi au hasard et géré par une française dynamique nommée Dany appelé “Ma Case au Bénin”. Ce soir là, nous n’étions heureusement pas les seuls clients et j’ai pu faire la connaissance de Théo, un guide ayant à cœur de faire découvrir le Bénin authentique aux visiteurs et de sa stagiaire française Lucie. Au fil de la conversation, il m’explique qu’il organise des visites un peu partout au Bénin, à pied, en voiture ou en moto et je me promets alors d’un jour y prendre part.

Une petite semaine passe, et je suis de retour à Cotonou. Mon cousin m’appelle à la dernière minute pour me dire qu’il allait débarquer d’ici quelques jours pour me rendre visite et voir un peu tout ce que le Bénin a à offrir. Ni une ni deux, je me mets à lui concocter un petit programme pour lui faire découvrir le pays dans les meilleures conditions, et c’est alors que je me souviens de cette conversation que j’ai eue la semaine passée avec Théo et Lucie. C’est décidé, je vais emmener mon invité explorer Bohicon à moto !

Nous voilà donc arrivés devant la mairie de Bohicon, le point de rendez-vous.
Le temps d’enfourcher nos motos et c’était parti pour une journée d’exploration !

Première étape : Rencontre avec un fermier local

C’est en empruntant la grande route puis en s’enfonçant dans les chemins  menant à de petits villages que nous sommes arrivés dans une ferme on ne peut plus authentique. Le fermier nous a gentiment fait visiter les lieux, nous expliquant les techniques d’élevage locales. Un poulailler sur pilotis a retenu mon attention : “C’est pour protéger les jeunes poulets de la variole, qu’ils attrapent lorsqu’ils sont trop près du sol” m’a t-il dit. Un accueil chaleureux et un échange riche en authenticité. Nous sommes repartis sous les “au revoir” enthousiastes de ce courageux fermier à qui l’on a promis de revenir.

Une ferme artisanale locale à Bohicon au Bénin
Une ferme artisanale locale à Bohicon au Bénin
Une ferme artisanale locale à Bohicon au Bénin

Deuxième étape : Les fabricantes d’huile rouge

Ce que j’ai vraiment apprécié dans le “circuit” que Théo nous a proposé, c’est que justement, ça ne ressemble pas à un circuit mais plutôt à une balade. Si quelque chose retient notre attention, on s’arrête. Théo nous explique, on prend son temps, il ne nous presse jamais, on est libres. Une formule qui vraiment me correspond, moi qui déteste ces circuits où tout est chronométré à la minute près, où nos envies ne comptes pas et où seul l’itinéraire prévu est important.
C’est pourquoi entre chacune des étapes que je vous raconte, on a fait plusieurs arrêts. Pour observer la faune, la flore, discuter avec les habitants, prendre quelques clichés… une journée au top vous dis-je ! 

Les feuilles de bois de teck : un colorant naturel utilisé par les artisans. Démonstration sur ma peau par Théo

Théo ne se limite pas aux étapes de la visite, il nous fait découvrir l’agriculture locale

Nous arrivons donc dans un village à l’ombre d’immenses arbres centenaires et découvrons un atelier artisanal de fabrication d’huile rouge (huile de palme) appelée ici “Zomi”. C’est une huile très consommée au Bénin et plus généralement en Afrique. Elle est présente dans les cuisines, mais sert aussi à guérir les plaies, fait office de vermifuge et d’offrande lors des cérémonies vaudoues.

Les artisans, majoritairement des femmes, nous gratifient d’un accueil chaleureux propre au Bénin et nous font découvrir leur atelier ainsi que les différentes étapes de transformation des noix de palme.

Ces femmes séparent d’abord les noix issues du palmier à huile de leurs coques (une première coque rouge, puis une seconde grise), puis les placent dans de grandes cuves. Elles viendront ensuite presser les noix avec leurs pieds comme l’on presserait le raisin pour en faire du vin. Puis elles récupèrent le précieux liquide huileux (les noix sont composées d’un taux élevé d’huile) qu’elles feront chauffer (après l’avoir filtré) dans de grands bidons en métal afin de faire remonter l’huile en surface et ainsi l’extraire plus facilement.

Les fibres des noix ainsi que leurs coques seront revendues au marché et serviront de combustibles pour alimenter les feux.

Les noix de palme, issues du palmiers à huile

Troisième étape : Les sources thermales de Bohicon

Je ne savais même pas qu’il existait une source thermale à Bohicon, j’ai été surprise de l’apprendre, agréablement suprise !
C’est un coin magnifique, calme, presque secret. On a emprunté d’innombrables petits sentiers pour y parvenir, mais le spectacle en valait les quelques kilomètres parcourus.
Une étendue d’eau d’une couleur bien particulière. Un vert amande, doux et qui inciterait presque à la baignade. Je dis presque parce que vu la nature sauvage environnante, je n’ai pas osé y mettre un pied (aucun de nous d’ailleurs !). Ce plan d’eau est entouré de bambous envahissants et d’une faune riche pour qui veut bien observer quelques instants. Je recommande vivement cet arrêt.

Les sources thermales de Bohicon au Bénin, sa faune et sa flore
Un mille pattes aux abords des sources thermales de Bohicon au Bénin
Une magnifique fleur tropciale colorée aux abors des sources thermales de Bohicon au Bénin
La faune aux abords des sources thermales de Bohicon au Bénin, une grenouille
Les sources thermales de Bohicon au Bénin, sa faune et sa flore
Les sources thermales de Bohicon au Bénin, sa faune et sa flore

En repartant, nous apercevons un autel vaudou ” Tô Legba” , gardien du village et de ses habitants

Quatrième étape : Le Sodabi

Au détour d’un chemin, nous nous arrêtons un instant. Un palmier coupé se trouve là, doté d’un étrange dispositif. Nous questionnons Théo qui nous explique qu’il s’agit du processus d’extraction du vin de palme. Des villageois viennent alors à notre rencontre et nous expliquent qu’ils sont quant à eux producteurs de Sodabi, cette liqueur de palme typique du Bénin. Nous décidons de les suivre jusqu’à leur village pour qu’ils nous montrent leur atelier. C’est ainsi que l’on se retrouve tous sur la place centrale du village à échanger avec les habitants et à goûter leur Sodabi artisanal… une expérience que ma gorge n’oubliera pas de si tôt ! Un moment spontané de partage avec la population, une authenticité brute que je garderai en mémoire pour longtemps.

Première étape de la fabrication de vin de palme
Fabrication artisanale de Sodabi et dégustation avec les habitants d'un village au Bénin
Fabrication artisanale de Sodabi et dégustation avec les habitants d'un village au Bénin
Fabrication artisanale de Sodabi et dégustation avec les habitants d'un village au Bénin
Fabrication artisanale de Sodabi et dégustation avec les habitants d'un village au Bénin
Deux jeunes parti chasser à l'aide de leur fusil artisanal

Ultime étape : le Village souterrain d’Agongointo

Avant de repartir vers Cotonou, nous nous arrêtons à la dernière étape de notre balade avec Théo : Le Village souterrain d’Agongointo. Son deuxième nom, “Ahouando” signifie “trou de guerre” (en Fon) et en dit long sur son passé historique. Ce village constitué d’habitations souterraines n’a été découvert que relativement récemment, en 1998, lors de travaux de construction d’une route.

Ces petits trous d’à peine deux mètres de diamètre et menant à de grandes pièces sombres servaient de cachettes aux soldats du roi qui avaient élaboré tout un tas de techniques pour passer inaperçus. Une seule entrée par habitation pour éviter une invasion, une disposition des chambres étudiée afin de dissiper l’écho, des entrées disséminées dans la forêt et cachées par des plantes urticantes pour éloigner les hommes et les serpents.

On traverse donc la forêt qui abrite grand nombre de plantes médicinales et d’arbres sacrés multi-centenaires, puis on arrive au-dessus d’un trou muni d’une échelle dont on ne voit pas la fin et qui descend dans le noir complet sous la terre. Claustrophobe ? Passez votre chemin ! On descend donc marche par marche vers l’inconnu et l’on se met petit-à-petit dans la peau de ses soldats qui descendaient là pour se cacher. La suite, vous la connaîtrez si vous passez par Agongointo un jour, je ne vais quand même pas vous divulguer tous les secrets…

Village souterrain d'Agongointo à Bohicon au Bénin
Village souterrain d'Agongointo à Bohicon au Bénin
Village souterrain d'Agongointo à Bohicon au Bénin
Village souterrain d'Agongointo à Bohicon au Bénin

Réflexion personnelle


Je n’aime pas les circuits.

Tout est minutieusement chronométré, on n’a pas le temps de s’attarder sur les petites choses
qui attirent notre attention parfois, et le discours du guide est récité par coeur mot à mot. 
J’aime prendre le temps, aller à la rencontre des gens, m’arrêter un instant,
photographier une fleur, un arbre ou que sais-je encore.
J’aime les interactions et les balades où je choisis ma route au “feeling”.
J’ai obtenu tout ce que j’attendais de ce circuit à Bohicon et il m’a permis de découvrir cette ville
comme je l’entendais,
de manière authentique. Je vous conseille d’en faire autant !

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Je vous livre un secret…

L’accès au site d’Agongointo est interdit à toute personne vêtue de rouge. Nul ne connaît précisément la raison ni l’origine de cette légende mais à ce qu’on dit, celui qui ne respecterait pas cette interdiction ressortirait du site maudit par les ancêtres. Personnellement, je n’étais pas au courant avant de venir, et j’étais comme par hasard habillée… en rouge. Ni une ni deux, j’ai changé de t-shirt !

 

Le Saviez-vous ?

Le Village souterrain d’Agongointo aspire à figurer au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Bohicon se trouve dans le
département du Zou.
Pour découvrir tout ce qu’il y a
à faire ou à voir
dans les alentours

6 commentaires sur “Culture et Aventure : Découvrir Bohicon à moto

  1. bonjour et félicitations pour le blog. Il est bien beau et c’est l’une des rares fois où le récit de mon tour est aussi bien rendu. Bohicon et ses environs regorgent encore d’autres charmes et petits secrets que je partagerai, volontiers, avec vous l’un de ces jours.
    le Village Souterrain de Bohicon (Parc Archéologique) n’est pas encore sur le patrimoine de l’UNESCO mais c’est l’un des objectifs à long terme.
    bon vent à MASSAÏA
    le petit Théo

    1. Hello Théo, je suis ravie que le blog et l’article te plaise ! Prête pour d’autres découvertes de Bohicon et ses alentours, à programmer très prochainement 🙂
      Merci pour l’info concernant l’UNESCO, j’ai rectifié dans l’article 😉
      A très bientôt pour un prochain “Théo Tour”

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